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Articles

J'ai lu "Les Vents de Vancouver" de Kenneth White

Kenneth White. Les vents de Vancouver, escales dans l’espace-temps du Pacifique Nord

Kenneth White nous a déjà emmené dans des contrées blanches et bleues, au Labrador, dans La route bleue (1983, prix Médicis). Il fait d’ailleurs un petit clin d’œil à cette route à la fin de son périple : « Mais, bon, il est temps de reprendre la route, la route sceptique, la route surnihiliste, la route bleue avec ses moments bleus, ses lumières blanches et ses lignes noires et fermes ». Cette fois c’est à l’opposé, à l’ouest du continent américain, que le voyageur et écrivain nous transporte, du côté de Vancouver, le long du Pacifique Nord et des côtes ouest du Canada et de l’Alaska. D’abord, les lieux. White sait décrire les lieux. Ici Vancouver, avec sa litanie poétique de noms de quartiers, avec une description de la ville bruyante, en effervescence. La ville, le musée, le port et sa faune hétéroclite, le cimetière. Pour White, musarder dans un musée c’est la possibilité de « trouver une image co…
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J'ai lu "Paradis éphémères" de Donald Richie

Donald Riche.Paradis éphémères. À travers l’Orient.
Traduit de l’anglais (USA) par Anne-Sylvie Homassel, Flammarion, 2015, 195 pages, 21 €

Donald Richie nous avait déjà bien intéressé, il y a quelques années, dans Les honorables visiteurs (Éd. du Rocher, 2001), récit dans lequel il évoquait les relations entre Japon et Occident à travers les portraits de ses honorables visiteurs comme Pierre Loti, Charlie Chaplin, Jean Cocteau ou William Faulkner. Cette fois c’est lui-même qu’il met en scène et à lui-même qu’il se confronte à l’occasion de quelques pérégrinations au cours des années 2000 dans un Orient que le voyageur d’aujourd’hui et de demain pourrait bien ne plus rencontrer.

Les paradis fragiles ou éphémères que décrit Donal Richie sont peut-être en voie de disparition. Si Donald Richie aime voyager c’est parce qu’il préfère la différence. C’est aussi parce qu’en voyage nous abandonnons une personnalité que la familiarité nous rendait rance – nous-même. Et parce que le voyage est u…

J'ai lu "Chemin d’Assise. L’aventure intérieure" d'Olivier Lemire

Olivier Lemire Chemin d’Assise. L’aventure intérieure Éditions Bayard / éditions Franciscaines 2014 168p, 19€

Pourquoi marcher vers Assise, alors qu’il existe tant d’autres chemins célèbres et fréquentés (le GR5, Compostelle…) ? Et d’ailleurs, pourquoi partir, pourquoi marcher ? Pourquoi se coltiner avec « des soirées solitaires et des lits de fortune ; l’odeur aigre des aisselles en fin de journée et le bruit des alaises en plastique dans les chambres d’hôtel ; le crépitement de la pluie sur le coupe-vent et les crocs des chiens évités de justesse au sortir des hameaux » ? Mais pour les vrais marcheurs, les voyageurs, il est sans doute impossible de rester en place, sur place. Peut-être que le quotidien offre trop de routine, pas assez de piment. Il y a mille raisons de voyager, comme l’écrit par exemple Sylvain Tesson dans Géographie de l’instant : « pour dissoudre sa mélancolie dans le bain du monde » ou tout simplement « pour saluer la beauté du monde. » Olivier Lemire, comme un m…

J'ai relu Les autonautes de la cosmoroute, de Carol Dunlop et Julio Cortazar

Carol Dunlop et Julio Cortazar
Les autonautes de la cosmoroute
Gallimard, 1983.
Traductions de l’espagnol par Laure Guille-Bataillon et Françoise Campo

La célébration d’écrivains argentins au salon du livre de Paris en 2014 nous donne l’occasion de nous replonger dans la littérature de ce pays. Et par exemple dans ce récit, pas du tout argentin. Mais au départ un projet original : faire le voyage de Paris à Marseille en camping-car sans quitter l’autoroute une seule fois ; visiter deux parkings par jour en passant toujours la nuit dans le deuxième ; prendre note de toute observation pertinente ; écrire le livre de l’expédition en « s’inspirant peut-être des récits de voyages des grands explorateurs du passé. » Le projet littéraire : « raconter d’une façon tout à fait littéraire, poétique et humoristique, les étapes, événements et expériences divers que va nous offrir sans doute un voyage aussi étrange. » Résultat : Les autonautes de la cosmoroute, Un voyage intemporel Paris - Marseille …

J'ai lu "Ienisseï" suivi de "Russie blanche" de Christian Garcin

Christian Garcin Ienisseï suivi de Russie blanche Récit Éditions Verdier 2014 96p, 11.80€

Ça n’est pas la première fois que Christian Garcin voyage en Sibérie, ni la première fois qu’il propose des récits de ces voyages et de ses « croisière » sur un fleuve : voir par exemple le récit sur la Lena dans En descendant les fleuves – Carnets de l’Extrême-Orient russe, avec Éric Faye, (Stock 2011). Il nous propose ici deux courts textes, dont le premier, Ienisseï, est un récit qui raconte ce qu’il voit, ce qu’il entend durant la descente du fleuve Ienisseï, de Krasnoïarsk à son embouchure dans l’Arctique. Et ça commence mal : pas assez d’eau pour que le bateau, l’Alexandre Matrosov, puisse naviguer… Un moment il est même envisagé d’ouvrir les vannes d’un barrage. Il y a toujours des problèmes, en Sibérie, et il y a toujours des solutions… Plus ou moins démesurées. La solution sera plus naturelle. Et l’on pourra partir.
Partir, longer des côtes. Accoster. Visiter les lieux, chargés d’histoires, re…

J'ai lu "L'égaré de Lisbonne" de Bruno d'Halluin

Bruno d’Halluin L’égaré de Lisbonne Éditions Gaïa, 2014 246p, 18€
Après la relation d’un récit de voyage sur les mers – La Volta - Au cap Horn dans le sillage des grands découvreurs, éditions Transboréal, 2004 – Bruno d’Halluin s’était déjà frotté au roman historique, avec Jon l'Islandais (Gaïa 2010). Et déjà avec la même époque en arrière-plan, le XVe siècle. Et déjà avec un sujet identique : des explorateurs qui, à bord de voiliers de plus en plus performants, repoussent les limites du monde connu. C’est dire si la période et l’exploration maritime sont les thèmes chers à l’auteur, qui récidive avec ce roman, particulièrement réussi : L’égaré de Lisbonne.
Le roman débute en 1500. L’histoire est racontée par Joao Faras, médecin et cosmographe. La première partie se déroule en mer et est très agitée, effroyable. Ça tangue, ça roule, ca tempête, ça vomit, ça gueule, ça prie, ça chavire, ça naufrage, beaucoup meurent, et quelques uns survivent. L’expédition de treize nefs et caravelles co…

J'ai lu "Théorie de la carte postale" de Sébastien Lapaque

Sébastien LAPAQUE Théorie de la carte postale Actes Sud, 2014 112p, 10€
On le sait : les idées et les questions viennent en marchant… Au début du récit, un homme flâne dans les rues du Quartier Latin et se demande comment, parmi ses projets d’écriture – « des projets, il n’avait que cela, des livres qu’il voulait écrire et des livres qu’il n’écrirait jamais » – il pourrait avancer dans sa Théorie de la carte postale, un livre à « l’image encore un peu floue. Il en possédait la mélodie, mais en cherchait l’harmonie. » 
Tout au long de ce petit livre amusant, qui part dans plusieurs directions – exemples de cartes postales retrouvées, textes réels et textes à inventer, histoire de l’aéropostale… – il s’agit d’une réflexion en cours, dans le but d’écrire un livre sur la carte postale… – nous suivrons le marcheur-auteur dans ses recherches et réflexions. Qu’est-ce qu’une carte postale ? Qu’est-ce qu’elle n’est pas ? Quelle est son utilité, ou sa finalité ? Quelle est la poésie qui sourd d’…