dimanche 4 mars 2012

J'ai lu "Voyager vers des noms magnifiques" de Béatrice Commengé


Béatrice Commengé
Voyager vers des noms magnifiques
Éditions Finitude 2009

Dans Voyager vers des noms magnifiques, petit livre « magnifiquement » édité, Béatrice Commengé propose des cartes postales, des petits textes sur des « lieux magnifiques », ces endroits fréquentés par des écrivains « dont les mots se confondent avec ces lieux » : Röcken et la tombe de Nietzsche – et quelques autres lieux nietzschéens, la Trieste de Saba, de Svevo et de Joyce, des îles grecques, Sigmaringen, le Nil de Flaubert…

Ces promenades permettent de rappeler des petits faits qui font désormais partie de l’histoire de ces lieux, comme la « noble pyramide de pierre, haute de six mètres » qui contient les cendres de Paul Morand dans un petit cimetière de Trieste avec ces mots sur une plaque: « le voyageur » ; de peindre quelques paysages comme ce « champ de luzerne mauve, derrière le béton, [qui] me redonna quelque espoir » ; de décrire des ambiances de voyage : « Au matin, la pluie tombée pendant la nuit avait emporté la lumière » ; d’écouter quelques sons rares, comme « le bruit de l’ancre que l’on jette à l’entrée des ports – le premier bruit de la vie dans une île. » Ces promenades permettent de revenir sur quelques livres que nous avons pu oublier, et de revoir des villes dans lesquelles « le temps ne passe pas ». Un petit plaisir.

Les premières lignes : « Le mois de juin est la saison des coquelicots. Ils se pressent au bord des fossés, là où on les laisse encore vivre, entre route et blé. Quand on roule, on les espère comme un morceau d’enfance. Quand on les voit, on n’a pas perdu sa journée, ni son voyage. »

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