dimanche 16 mars 2014

J'ai lu "Mustang" de Frédéric Doré



Frédéric Doré
Mustang
Éditions de La Table ronde, 2014
160p, 16€

L’histoire racontée dans ce roman est finalement très simple et banale. A New York, Manhattan, dans une petite entreprise, un « bureau d’études », une start-up à l’américaine, s’agitent, ici comme ailleurs, quelques hommes, informaticiens et chercheurs, qui préparent les futurs voyages pour tous dans l’espace La recherche de financements et la communication sur des projets un peu aléatoires sont les principales occupations. Mais les dizaines d’heures passées devant les écrans des ordinateurs ne peuvent pleinement remplir une journée, ni une vie. Alors bien sûr il y a les à-côtés, les rencontres, les amitiés, les liaisons, l’amour, qui vont faire ou défaire le quotidien, l’avenir.

Dans ce roman on croise un petit nombre de personnages. Le narrateur, qui, après une thèse à Paris, est embauché par la start-up, qui va décrire ce petit monde et l’ambiance dans laquelle elle évolue. Sterling, le patron angoissé, qui tente de protéger sa petite troupe des turbulences de la crise, qui a besoin d’un panneau de basket dans son bureau pour calmer ses nerfs. Balandier, l’autre boss, plus taciturne, celui qui donne les orientations, qui valide les projets, qui a la confiance de l’équipe. Emily, la petite amie du narrateur, qui travaille dans une agence de voyage, qui essaie de garder tout son monde en équilibre, notamment Barry, son père, et Lucinda, l’excentrique, la sœur de sa mère. Eunice, l’infirmière qui survit comme elle peut et qui va s’occuper de Laura. Laura, fragile, un peu perdue, et qui va déclencher la tempête sans le vouloir.

Ça n’est donc pas le milieu dans lequel se déroule cette histoire qui va captiver le lecteur. C’est l’histoire en elle-même, simple, romanesque, une histoire ordinaire mais qui broie les cœurs des protagonistes, et des lecteurs. C’est aussi et surtout le style de l’auteur. Finalement lui aussi assez simple, d’une grande sobriété, qui raconte sans trop en dire, sans esbroufe, sans musique de fond trop bruyante. On ne voit pas le temps passer ni les pages défiler. On se laisse facilement emmener vers la fin. L’histoire se termine dans le désert du Nevada. La crise est passée, les investisseurs sont revenus. Mais l’équipe s’est éparpillée. Les masques sont tombés. Chacun a trouvé une autre place. Définitive ou non, personne ne le sait vraiment.

« Vous voyez le nuage de poussière derrière ces barrières qu’on aperçoit là-bas ? C’est un troupeau de mustangs. (…) Impossible de les approcher, ils sont complètement sauvages. Peut-être auront-ils disparu demain. Ils ne restent pas au même endroit. Ils trouvent un autre lieu désertique et on ne les revoit jamais. »

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